Je m'appelle Lucía, et cette marque est née d'une frustration que je connaissais par cœur.
À 22 ans, avec mon premier salaire, je passais des heures à chercher des vêtements qui me ressemblaient. Et à chaque fois, c'était le même dilemme : d'un côté, des pièces magnifiques dans des vitrines où je n'osais même pas entrer, à des prix qui représentaient la moitié de mon loyer. De l'autre, des vêtements abordables, oui, mais qui perdaient leur forme au troisième lavage, dont les coutures lâchaient, et qui finissaient au fond de l'armoire avant même la fin de la saison.
J'ai fini par me poser la question qui a tout changé : pourquoi faudrait-il choisir entre se sentir belle et pouvoir payer son loyer ?
Personne n'avait de réponse. Alors j'ai décidé de la créer moi-même.
Je n'avais pas d'investisseurs. Pas de famille dans la mode. Pas de carnet d'adresses. J'avais juste une conviction : il était possible de faire des vêtements bien coupés, dans des tissus qui durent, à des prix qu'une fille comme moi peut réellement se payer — sans culpabiliser, sans attendre les soldes, sans renoncer.
Pour y arriver, j'ai tout repensé. J'ai négocié chaque coût, ligne par ligne. J'ai supprimé les intermédiaires qui gonflent les prix sans rien apporter au vêtement. J'ai choisi de vendre uniquement en ligne, parce qu'une boutique en plein centre-ville, c'est un loyer que vous payez dans chaque étiquette. Chez nous, chaque euro va là où il compte : dans le tissu, dans la coupe, dans la qualité des finitions.
Je connais mes clientes parce que je suis l'une d'elles. Je sais ce que c'est de calculer avant d'acheter, de retourner une pièce dix fois dans sa tête, de vouloir se sentir sûre de soi pour un entretien, un premier rendez-vous, un lundi matin ordinaire. C'est exactement pour ces moments-là que je dessine chaque pièce.
Cette marque, ce n'est pas une grande maison qui parle de haut. C'est moi, et maintenant nous — une communauté de femmes qui refusent de croire que l'élégance est réservée à celles qui peuvent tout se permettre.
Parce que la mode ne devrait pas être un luxe.